La mort de Chantal Sebire doit être une libération pour elle et pour ses proches.
J'ai toujours été favorable à l'euthanasie, même si j'ai bien conscience que des abus risquent d'être commis. Mais placer les équipes médicales, les malades et leurs familles dans l'illégalité alors que la seule chose que désirent ces personnes c'est de soulager, d'éviter l'acharnement thérapeutique ...
Crédit Photo : TF1/LCI Chantal Sébire avec ses proches (mars 2008) Une mission d'évaluation de la loi de 2005 sur l'accompagnement des malades en fin de vie est d'ores et déjà lancée. Elle est confiée à Jean Leonetti.
Chantal Sébire disait vouloir affronter la mort en toute lucidité, alors que la loi actuelle ne lui laissait que la possibilité d'être plongée dans un coma par sédation.
Voici le résumé d'un rapport de la "Commission des questions sociales, de la santé et de la famille" (Assemblée Parlementaire - Conseil de l'Europe) datant du 10 septembre 2003 :
Lorsque des patients en phase terminale de maladie subissent des souffrances constantes et intolérables sans espoir de voir leur situation s'améliorer et qu'ils en font la demande de manière répétée, volontaire et mûrement réfléchie, certains médecins et d'autres membres du corps soignant sont prêts à mettre un terme à leur vie (« euthanasie active volontaire ») ou à les aider à mettre fin à leurs jours (« suicide assisté »). Les médecins peuvent aussi être amenés à décider d'interrompre un traitement de survie en sachant qu'ils provoquent ainsi le décès du patient (« euthanasie passive »). Ces pratiques médicales largement connues ont le plus souvent un caractère très discret, voire secret ; bien qu'illégales dans la plupart des Etats membres du Conseil de l'Europe, elles sont rarement sanctionnées. Le rapporteur considère que c'est cette réalité qui comporte le plus haut risque d'entraîner des abus et qu'il faut combler l'écart entre la loi et la pratique si l'on veut maintenir le respect de la primauté du droit.
Le rapporteur estime que nul n'a le droit d'imposer à un mourant ou à un malade en phase terminale de continuer à vivre dans une angoisse et des souffrances intolérables lorsqu'il exprime de façon répétée le désir de mourir. Cela ne signifie pas que le personnel soignant est obligé de participer à un acte d'euthanasie. D'autre part, un tel acte ne saurait être interprété comme l'expression d'une moindre considération de la vie humaine.
Concernant la prétendue incompatibilité de l'euthanasie avec l'article 2 de la Convention européenne des Droits de l'Homme (« droit à la vie »), le rapporteur souligne que cette question n'a jamais été soumise au jugement de la Cour européenne des Droits de l'Homme. Cependant, les lois belge et néerlandaise entrées en vigueur en 2002 (selon lesquelles les médecins qui accèdent à une demande d'euthanasie volontaire active ou de suicide assisté formulée par un patient peuvent échapper aux poursuites, dans des conditions rigoureusement réglementées et contrôlées) ont été soumises avant adoption à la vérification des Conseils d'Etat belge et néerlandais, qui les ont déclarés compatibles avec la Convention.
Les gouvernements des Etats membres du Conseil de l'Europe sont invités à collecter et analyser des données empiriques sur les décisions d'interruption de vie, à encourager le débat public sur ces données, à promouvoir leur analyse comparative dans le cadre du Conseil de l'Europe et, à la lumière de ces données et de ce débat public, à se demander si l'adoption d'une législation autorisant l'euthanasie devrait être envisagée.