
Dans l'histoire de l'humanité, il y a des personnes qui, par leurs actes, ont changé le cours de l'Histoire, dans le bon sens ! Serge et Beate Klarsfeld, surnommés "les chasseurs de nazis", sont de ceux-là. Un téléfilm de Canal+ relate une tranche essentielle de leur vie.
C'est Yvan Attal qui tient le rôle de Serge Klarsfeld : une raison supplémentaire de regarder ce film ce soir ! Vous savez à quel point j'aime cet acteur (qui en plus ressemble beaucoup à mon mari ...) !!!
Article OUEST FRANCE :
Un téléfilm avec Yvan Attal met en scène les douze années pendant lesquelles le couple a traqué l'ancien criminel nazi Klaus Barbie. Ce soir, sur Canal+.
Dignes. C'est le premier adjectif qui vous vient à l'esprit quand vous rencontrez les époux Klarsfeld. L'un, tout en rondeurs, à l'image de ses petites lunettes. L'autre, affichant un brushing châtain plutôt coquet. On les sentirait presque gênés par la médiatisation que leur vaut La Traque. Le téléfilm de Laurent Jaoui narre sur un rythme haletant les douze années d'embûches administratives en tentative d'enlèvement avortée qui ont finalement permis aux célèbres « chasseurs de nazis » de retrouver la piste de Klaus Barbie. Pour le faire juger. En France.
À l'époque, au début des années 1970, l'ancien commandant de la Gestapo avait trouvé refuge en Bolivie, recyclant ses services au profit de la junte militaire. « Nous avons fait savoir que nous le poursuivions à cause des enfants d'Izieu (1), car cet épisode n'était pas très connu », raconte Serge Klarsfeld.
L'ancien avocat a prêté sa propre paire de lunettes de l'époque à l'acteur Yvan Attal. Mais ni lui ni son épouse n'ont voulu s'impliquer davantage dans le film, se contentant d'ouvrir leurs placards, photos d'archives et épaisse documentation aux scénaristes. Le film ne gomme ni le côté improvisé de leurs démarches flirtant avec la légalité, ni les menaces de mort, les colis et voiture piégés... « Si les gens prennent la peine d'essayer de vous tuer, c'est que vous êtes efficaces. S'ils réussissent, c'est qu'ils sont plus efficaces que vous ! », philosophe le septuagénaire. « Il y avait des déceptions, des coups durs, certes, mais nous avions une vie de famille heureuse, abonde Beate, née à Berlin. Nous profitions de la vie, voyagions un peu. Et nous avions des résultats. Nous savions que si nous arrêtions, personne ne prendrait le relais. » Aujourd'hui, après avoir poursuivi jusqu'au tribunal René Bousquet, Maurice Papon ou Paul Touvier, tous deux se consacrent à leur association de fils et filles de déportés juifs de France (FFDJF). La France leur a remis les insignes de chevalier et d'officier de la Légion d'honneur.
En Allemagne, leur rôle reste méconnu. « Les gens se souviennent un peu plus de Beate, parce qu'elle a giflé le chancelier Kiesinger (de 1966 à 1969, CDU, il a adhéré au parti nazi en 1933 et travaillé sous les ordres de Ribbentrop, NDLR) », témoigne l'acteur allemand Hanns Zischler, qui joue Klaus Barbie. La traque, également diffusée outre-Rhin, permettra peut-être de réparer cet oubli.
article par Florence LE MÉHAUTÉ.
(1) Le 6 avril 1944, quarante-quatre enfants juifs et sept éducateurs réfugiés dans une maison d'Izieu (Ain) furent raflés puis déportés sur ordre de Klaus Barbie. Un seul adulte en a réchappé.
La traque, ce lundi, à 20 h 50, sur Canal+.